Psychologue russe Paris Russe

Marina JARKOVA
Psychologue - psychothérapeute - psychanalyste
Paris 13

87 rue de Tolbiac
75013 Paris
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Effets psychiques de l’épidémie de coronavirus et des mesures de confinement.


Le virus cor19 a produit une situation extraordinaire que nous n’avons pas connue auparavant. Même si nous sommes dans « le même bateau » car c’est un changement brutal dans notre mode de vie, dans notre univers « temps/espace », chacun le vit à sa façon. On l’espère passager, mais personne ne sait le temps que cela va durer. Ce changement met à l’épreuve toutes nos ressources psychiques et notre réponse dépendra de la façon singulière, propre à chaque personne de résoudre la nouvelle donnée liée à cet événement collectif.

Face à la crise, notre psychisme se mobilise et dans majorité des cas la pulsion de vie se renforce. Ainsi, nous savons que pendant la guerre on observe la diminution du nombre de suicide. Mais on sait aussi que pour chacun cette situation va « appuyer » à l’endroit le plus sensible et avoir des retentissements personnels. Des remises en question ne sont pas faciles à vivre surtout quand cela arrive de manière massive.

Dans la situation actuelle il serait de bon sens de distinguer deux facteurs cruciaux qui ont des effets sur notre psychisme. D’une part, la menace que cette épidémie fait planer sur chacun de nous et nos proches, d’autre part les mesures de confinement et leurs conséquences.

La menace qui vient de partout et de nulle part. Si on peut se protéger de celle venant de l’extérieur, et encore en instaurant un régime de stérilité mortifère entre notre demeure et le monde extérieur, la menace interne est plus difficile à contenir. Même si on sait qu’il n’y a pas de « volonté », d’intention propre au virus (des théories de complot sont en grande prolifération, comparable à celle du virus), nous ne pouvons pas à ne pas y chercher du sens. La question de ce qui nous veut l’autre, celui qui se promène dans la rue ou l’Autre dont la présence impalpable devient malveillante se pose de manière plus cruciale.

Le sentiment de menace pour la vie sous la forme la plus forte vécue par exemple lors d’une catastrophe ou d’un attentat provoque un état de stress aigu et conduit par la suite dans beaucoup de cas au syndrome de stress post-traumatique.

Aujourd’hui, ce sentiment n’est éprouvé comme aigu que lorsque la personne est infectée par ce virus et présente des symptômes graves pour sa vie qui nécessitent une hospitalisation et des soins intensifs. Certaines personnes dont la santé est fragile ( maladies chroniques, cancer, grossesse) sont à risque non seulement physique mais aussi psychologique, car cette menace risque de peser sur elles plus lourdement.

La plupart de gens, même atteints de virus cor19 ne le vivent pas comme un danger vital. Néanmoins l’insécurité liée à la menace constante peut avoir un effet cumulatif. Nous sommes portés par le sens des responsabilités et l’idée que notre action individuelle contribue à préserver la vie des autres – ce sont des idées qui soutiennent et rendent les frustrations, l’inconfort et la menace supportables pendant un certain temps. Nos ressources psychiques qui nous permettent une résistance au début en viennent petit à petit à finir. Un événement parfois insignifiant peut faire lâcher nos défenses ordinaires et déclencher une angoisse ou toute une pléiade d’autres manifestations non-adaptatives, somatiques et/ou psychiques. Les conséquences sont comparables à celles d’un état de stress post- traumatique.

Bien sûr, les inquiétudes financières et relationnelles intensifient ce sentiment d’insécurité et d’imprévisibilité du futur proche. Il y a de quoi « perdre les pédales ».

Le confinement peut se définir comme le fait de se retrouver dans un espace clos, seul(e) ou avec de la famille, accompagné souvent de l’obligation de télé-travailler dans un espace domestique qui est rarement suffisant à Paris. La promiscuité n’est pas toujours facile à vivre même avec les êtres qui nous sont chers : le conjoint, les enfants, les parents, les frères et sœurs. Dans certains cas les lignes de tensions vont se manifester de plus en plus et les conflits latents s’actualisent. Ces nouvelles conditions de vie seront vécues en fonction de nos expériences et notre histoire qui ont formé notre personnalité.

En fonction de la situation de chacun cela va accentuer la solitude ou au contraire confronter au manque de solitude, c’est-à-dire l’impossibilité de nous isoler pour retrouver un équilibre. L’un et l’autre prolongés dans le temps peuvent conduire à une souffrance, voir à une détresse psychologique qui, si elle n’est pas prise en compte, peut produire des symptômes durables. Tout le monde s’accorde sur le fait que cette situation nouvelle de manière générale n’est pas favorable pour notre psychisme. Le sentiment d’étouffement, de perte de repères, de rituels qui nous aident en temps ordinaire, la perte des rythmes de sommeil, de repas, de jours de repos, telles sont les plaintes souvent formulées par les personnes en bonne santé psychique au début de confinement. Mais dans certains cas nous pouvons observer l’effet inverse, la diminution de l’angoisse, au moins dans le premier temps. Pour les phobiques par exemple le fait de se retrouver chez soi la plupart de temps peut avoir un effet apaisant, car leur domicile est souvent perçu comme un lieu sécurisant, un abri des « agressions » sociales et du virus en même temps. Leur stratégie en temps ordinaire étant l’évitement des lieux publiques, le confinement apporte presque un soulagement.

La limitation de déplacement est une privation importante de notre liberté. Très difficile à accepter et à vire sur le coup, elle nous fait prendre conscience de cette chance que nous avions d’aller et venir selon notre grès. Paradoxalement cela peut rétablir la place du manque et c’est un des effets positifs de confinement.

Si cette période est vécue comme une réclusion qui peut avoir un sens de remise en question et de changement positif, cela peut nous aider à dépasser la passivité que cette situation nous fait subir. Pour vous aider à faire le point je vous propose un questionnaire d’autoévaluation des effets psychiques de la situation de crise liée au coronavirus. Si vous avez plusieurs réponses positives pour la première partie, il est important de ne pas rester seul(e) avec ces difficultés et consulter rapidement.


1. Est-ce que vous pensez que le confinement et la situation de crise a créé du stress chez vous ? (non, oui)
- Je suis plus angoissé(e), plus inquiet(e) que d’habitude
- Je ne peux ne pas écouter des informations concernant la situation plusieurs fois par jour
- J’ai plus de problèmes relationnels que d’habitude (si oui, lesquels ?)
- J’ai plus de problèmes avec la nourriture qu’en temps ordinaire (pas d’appétit, trop d’appétit, difficulté à prendre les repas trois fois par jour, plus de goût aux aliments)
- J’ai plus de problèmes avec le sommeil qu’habituellement (troubles d’endormissement, les réveils nocturnes, cauchemars, fatigue au réveil)
- J’ai plus de mal à me concentrer que d’habitude
- J’ai des pensées intrusives, obsédantes
- J’ai plus de problèmes somatiques qu’en temps ordinaire
- Je pense souvent que j’ai une maladie grave et que je risque la vie
- Je me sens fatigué(e) plus que d’habitude
- J’ai plus de pensées noires que d’habitude
- Je pense à la mort plusieurs fois par jour
- Je manque d’intérêt pour mes activités habituelles
- Je manque de force et d’énergie
- Je m’ennuie souvent
- Je me sens souvent agité(é)
- Je me sens souvent frustré(e) par rapport à mes envies, j’ai des crises de colère immotivée, ou une irritation constante


2. Qu’est-ce qui vous aide pour diminuer les effets négatifs ?

3. Quels sont les effets positifs ?

4. Mes comportements ont changé et si oui, en quoi ?

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